Mercredi 25 mars 2009 3 25 /03 /Mars /2009 21:33

Je suis née en France dans une famille ouvrière.

Mes parents sont des émigrés italiens installés en France avant ma naissance.

J'ai deux sœurs et un frère et je suis la troisième de cette famille.

Dès ma petite enfance, je ne sais toujours pas pourquoi aujourd'hui, ma mère m'a détestée.

Cela s'est manifesté de plusieurs façons, et ce tout au long de ces années vécues auprès d'elle.

Voici une tranche vie passée avec elle

C'est les vacances d'été, nous avons pris l'habitude de partir tous les deux ans en Italie, pour revoir la famille restée là bas, notamment Grand Père et Grand Mère paternelle et maternelle.

Chaque année c'est la même chose, on dort à six dans la même chambre sur des matelas à même le sol, ma tante ronfle énormément, il fait très chaud, et nous sommes «mangés» par les moustiques, pas de lotion ni de crème pour calmer les traces laissées par les insectes.

Le trajet a eu lieu en train, il a duré plus de 38 heures, assis au milieu des bagages chargés, non pas de vêtements, mais de sucre, de plaque de chocolat et de café.

Selon ma mère, une plaque de chocolat offerte à un membre de la famille et c'est au moins un litre d'huile d'olive assuré pour le retour.

Les valises sont très lourdes et ficelées, chacun d'entre nous et chargé d'en porter et d'en surveiller une....
La recommandation est de ne dire à personne ce qu'il y a à l'intérieur.

Donc dès le lendemain de notre arrivée, c'est le tour de la famille pour donner à chacun son présent.

Obligation pour nous de suivre la procession.

Alors arrive le moment des présentations :

 - voici l'aîné (le fils) «c'est lui l'héritier de la famille», 

 - la fille (la grande) «c'est la fille à marier, le fils ne doit pas quitter le foyer sans qu'elle ne soit promise ou mariée, regardez comme elle est belle!!!!»,

 - L'autre fille (la petite), «c'est l'amour de ma vie» dit à chaque fois ma mère, «chaque jour qui passe nous rend plus heureux avec elle»,

et enfin, moi la deuxième des filles, mais toujours présentée en dernier, «je ne sais comment j'ai fais pour la faire si laide celle-là», à ce moment tout le monde se met à rire, «c'est notre «chimia» continue t-elle» (guenon en italien.).


Voilà mon portrait, enfin celui que ma mère dressait de moi durant mon enfance.


Malgré tout, les vacances ne se passent pas si mal, mes grands parents paternelles ne font pas de différence et me couvrent de baisers et de tendresses, me gavent de glaces et de bonbons.


Viens le tour des grands parents maternelles, ils ne vivent pas dans la même ville.

Les présentations se passent toujours avec le même cérémonial, mais là, Grand mère n'est jamais contente de nous accueillir et nous le fait bien sentir.

Elle n'hésite pas à me rappeler que si je ma mère m'a donné son prénom c'est pour se souvenir à quel point elles se sont toujours détestées, des fois qu'elles oublieraient.......

Mon grand père lui est berger, il élève des chèvres et des moutons, leur maison n'a pas de confort,

ni l'eau courante, il n'y a rien au alentour. Une seule pièce avec une grande cheminée pour manger et dormir. Il fait du fromage avec le lait de ses chèvres et le vend.

Je vous laisse imaginer les odeurs qui règnent dans la pièce lorsque tout le monde est couché.....

 

 

Il y a la Grange.... La Grange....mon grand père m'y emmène pour me montrer des choses.....

quelles choses, je n'ai alors que 11 ans et il m'embrasse partout, passe ses mains sur tout mon corps, en prenant le temps de s'arrêter sur chaque sein, et moi je laisse faire, à quoi bon???

Cela a duré.... mais j'ai voulu oublié combien de temps.

Les années suivantes, j'ai refusé systématiquement d'aller dans la grange et j'ai alors contribué à la haine de ma mère.....Oser résister  au "Grand Père" était un affront pour ma mère, cela signifiait aux yeux de son père qu'elle ne savait pas se faire respecter de sa fille.

Heureusement, mon père détestait se trouver dans cet endroit, alors le "sacrifice" ne durait guère que trois ou quatre jours, et on retournait dans sa famille pour le reste des vacances.

Les souvenirs que me laisse cette période se mélangent, ils me rappellent d'un côté, ces grands parents qui me donnaient tant de tendresse durant 1 mois, cette tendresse qui me permettait de tenir

le reste de l'année, et de l'autre côté l'image de ma mère fidèle à sa famille tant en cruauté qu'en dés amour.

 

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Par c'est dit - Publié dans : PLEURER - Communauté : c'est dit !
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